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Jeweller of the week


 Quel est ton métier aujourd’hui? D’où vient le nom de ta marque ?
Je suis bijoutier- joaillier créateur sous le nom de PAULéLOUISE.
J’ai lancé cette marque en sortant de l’AFEDAP Formations Bijou  il y a environ 10 ans avec mon ami et ancien associé. PAULéLOUISE ce sont nos deuxièmes prénoms réunis, une identité mixte et complémentaire.

 Pourquoi le bijou comme moyen d’expression ?
Le bijou n’était pas une finalité pour moi. C’était plus ou moins une suite logique.
Passionnée par les Métiers d’Art, je suis rentrée à l’école Boulle en choisissant le métier de ciseleur. C’est le travail du repoussé, la mise en volume du métal qui m’a attiré. Après 5 ans il a fallut que je fasse un choix entre restauration d’objets et design industriel. Mais je voulais encore découvrir de nouvelles manières d’utiliser ou de travailler le métal. J’ai finalement choisi une ouverture sur la joaillerie qui réunissait technicité et créativité.

 Tu as choisi l’AFEDAP Formation bijou dans ton parcours pourquoi ? Est-ce que l’AFEDAP t’a aidé dans cet apprentissage du processus de création ?
Après avoir fait mon apprentissage dans un atelier de joaillerie quelques années, et passé mon CAP Joaillier,  j’ai découvert l’AFEDAP. A cette période, je savais que je voulais créer mon propre atelier de création de bijoux et travailler en tant qu’indépendante.
Je suis venue visiter l’école aux portes ouvertes et ce fut pour moi comme une évidence. Je découvrais une face cachée du bijou, un monde ou tout est possible : formes, matières… et aussi une histoire du bijou contemporain, avec une dimension internationale.

Cet univers créatif qui caractérise l’AFEDAP m’a tout de suite attirée et confortée dans mon choix de suivre la formation Designer Bijoutier Joaillier pour m’aider à révéler ce que je voulais vraiment exprimer à travers la création de bijoux.
A côté des cours « théoriques » que j’avais choisi -recherche, perspective, gouache, histoire de l’art- qui m’ont apporté les bases techniques, la spécialisation Designer m’a permis de mettre en pratique toutes ces connaissances au travers de sujets imposés, et d’expérimenter, tester librement mes créations à travers différents médiums graphiques mais aussi en volume par la maquette.

Je jongle quotidiennement avec tous ces outils aujourd’hui et mes recherches sont toujours des work in progress .

Quels bijoux crées tu aujourd’hui et pour qui ?Quel est aujourd’hui ton processus de création ?
Aujourd’hui, je travaille essentiellement pour des clients particuliers.
Mon activité principale est la réalisation de bijoux sur mesure.
C’est un  travail passionnant car chaque projet est unique et commence toujours par une rencontre.
Cela peut-être un long processus, toute nouvelle création est un challenge, car chaque personne me raconte l’histoire du bijou qu’elle aimerait porter ou offrir, mon rôle est de le comprendre et de l’interpréter au plus juste. Pour y arriver je propose tout d’abord mes premières idées sous forme de planches de croquis, ensuite vient l’acception de la maquette jusqu’à la fabrication finale.
Je propose également mes collections qui s’étendent sur plusieurs gammes.
Une première gamme que j’appellerais « coup de cœur ».
Elle est le fruit de recherches de montages simples, basés sur des modules assemblés puis réalisés en petites séries.
Ensuite mes collections « basiques » alliances, bagues de fiançailles, que je propose et transforme à volonté toujours dans un souci de personnalisation.
Ce sont la plupart du temps le résultat de recherches formelles graphiques, qui partent d’une idée de composition, d’effet, puis viennent les maquettes, et les prototypes.
C’est sur mes collections thématiques que je me permets le plus de liberté dans les matières, avec des volumes plus ou moins hors normes.
Des pièces plus personnelles avec une plus forte identité.

Quel bijou portes-tu ?
Lorsque j’entame un processus de création c’est comme si j’entrais dans une sorte de fièvre créative, une transe, qui me guide jusqu’au bijou qui me semble idéal.
A ce moment, je me vois le porter et je me dis « j’adore, j’en veux un !».
Mais dès que celui-ci est terminé, je ne peux pas m’empêcher de repartir sur une autre idée qui me semble toujours mieux !
Au bout du compte, j’adore voir mes bijoux portés, mais moi je ne porte que de petits basiques, très discret.
Je ne suis pas du tout la meilleure représentante de mon travail.

Quels sont tes projets aujourd’hui ?
Développer deux collections issues de mes bijoux « Toi et Moi », Fil d’Ariane et Yoyo, lauréats du HRD Awards 2011.

Un conseil à donner à nos étudiants actuels ?
Chaque personne fait sa propre expérience, je n’ai pas vraiment de conseils à donner, juste certains de mes leitmotivs. La recherche du plaisir même dans la difficulté. Absorber, expérimenter, partager. Et entretenir sa singularité.

PauléLouise – Véronique Boujeat – 173, rue du Temple 75003 Paris  – www.paulelouise.com

Bague ciselée, Véronique Boujeat pour PauléLouise

Bague ciselée, Véronique Boujeat pour PauléLouise, Pièce unique : Platine, or jaune ciselé, diamant

Bague unique Véronique Boujeat pour PauléLouise

Bague unique Véronique Boujeat pour PauléLouise. Pièce unique : perle de tahiti baroque, or jaune

Broche Automne, Véronique Boujeat pour PauléLouise

Broche Automne, Véronique Boujeat pour PauléLouise. Argent brossé et nacre

Bague Twins Véronique Boujeat pour PauléLouise

Bague Twins Véronique Boujeat pour PauléLouise. Collection Gondole, l’une est en or jaune, perle des mers du Sud, saphirs jaune. L’autre est en or rose, spessartite, diamants.

HRD Award 2011, YOYO Ring, Véronique Boujeat pour PauléLouise

Pièce unique lauréate du HRD diamonds Award 2011, YOYO Ring, Véronique Boujeat pour PauléLouise. Argent rhodié, silverplatinum, diamants noirs et blancs


Comment en es-tu venue à faire des bijoux ?

Entre 25 et 35 ans j’ai beaucoup voyagé en Asie et j’ai été fascinée par les bijoux dits ethniques”. A l’époque je travaillais dans le conseil ; jamais je n’avais pensé qu’un jour je pourrais faire moi aussi des bijoux. Et puis petit à petit l’idée a muri…et un jour cela m’est apparu comme une évidence.

– Pourquoi l’Afedap ?

Je me suis renseignée sur les écoles existantes à Paris ; quelqu’un m’a parlé de l’AFEDAP dont c’étaient les portes ouvertes. J’y suis allée, l’école m’a plu et j’ai décidé de m’y inscrire.

– Qu’as tu découvert pendant ta formation ?

Enormément de choses auxquellles je ne m’attendais pas du tout.

D’abord l’immense joie de s’assoir sur un tabouret derrière un établi. J’avais fini mes études 12 ans plus tôt et, même si j’avais suivi des cours du soir ici et là, jamais je m’étais imaginé reprendre des cours à mi-temps et surtout dans un domaine tel que la création de bijoux . Il y beaucoup de plaisir lié au travail de la matière quelle qu’elle soit. Aujourd’hui encore je trouve cela magique.

Ensuite, ce qui m’a marquée est la découverte du bijou contemporain. Ceci grâce à Monika Brugger. Avant de suivre son cours je n’en avais jamais entendu parler (j’étais venue avec le désir de fabriquer des bijoux similaires aux bijoux afghans). Et ça a été comme une grande claque. Toutes les idées que j’avais en tête ont valsé.

Par ailleurs, le cours de création en deuxième année avec Brune Boyer m’a permis de vivre et d’intégrer les phases du processus de création: les premières idées qui jaillissent, les essais infructueux, la peur du vide avec l’angoisse associée et enfin la satisfaction de voir au bout du compte le résultat final.

C’est important de vivre cela à l’école pour commencer à apprivoiser ou au moins à accepter les moments de doute, les peurs du vide qui réapparaissent tôt ou tard quand on est seul.

Enfin, je dirais que cela m’a permis de déveloper une bonne dose de patience et de perséverance. On n’arrive pas à faire ce que l’on veut du premier coup. Alors il faut garder l’objet en tête et continuer, rectifier voire refaire,.

Quel bijou portes tu ?

J’aime porter une bague et un autre bijou qui peut être un bracelet manchette, un pendentif ou une broche.

Je porte souvent des prototypes pour les tester, voir s’ils sont agréables à porter, si les trouvailles techniques résistent bien.

Et aujourd’hui que fais tu ?

Je travaille sur une nouvelle série qui est le prolongement de mon travail de 2012

Peux tu nous parler des bijoux que tu créés ?

 Je travaille essentiellement l’acier que j’aime associer à l’or.

J’aime de plus en plus cette matière dont la texture peut se travailler de manières très différentes et qui a des propriétés que n’ont pas d’autres métaux comme l’or, l’argent ou le cuivre

De manière générale, j’aime travailler les textures et jouer sur les contrastes.

Quels sont tes projets ?

Continuer, chercher, découvrir…

Pour en découvrir plus : http://www.catherine-legal.com/#/home

ras de cou en acier patiné et or Catherine Le Gal 2011

ras de cou en acier patiné et or Catherine Le Gal 2011

Bague tout or Catherine Le Gal 2010

Bague tout or Catherine Le Gal 2010

Bague acier patiné et or Catherine Le Gal 2011

Bague acier patiné et or Catherine Le Gal 2011

Boucle d'oreille Catherine Le Gal 2011 acier patiné et or

Boucle d’oreille Catherine Le Gal 2011 acier patiné et or


Comment en es-tu venue à faire des bijoux ?

J’ai grandi en Tunisie, mon envie de faire des bijoux était déjà présente avant de passer mon Bac. En Tunisie, il n’y a pas de formation de bijoutier à proprement parler, donc j’ai d’abord fait une maitrise en design industriel à l’école des Beaux Arts de Tunis.D’abord, j’ai été à Munich pendant 1 an, j’y étais stagiaire en communication dans une grande entreprise. Têtue, j’en ai profité pour faire des stages de fabrication de bijoux.
Là j’ai compris que c’est exactement le métier que j’avais envie de faire.

– Pourquoi l’Afedap ?

J’ai -sur les conseils d’un bijoutier rencontré à Paris lors d’un séjour « touristique » – présenté un dossier à l’Afedap et rencontré les profs lors de portes ouvertes.
Et me voilà à Paris. C’était en fin 1995.
– Qu’as tu découvert pendant ta formation ?
Le passage à l’école m’a permis de me familiariser avec les techniques, de me confronter à moi même et aussi à la vie Parisienne.
J’ai découvert petit à petit que ce métier demande un investissement total et que c’est un métier de solitaire. J’explique : pour fabriquer des bijoux, du dessin à la réalisation, je me mets dans une sorte de bulle. Je crois que c’est ce que j’aime le plus.
– Quel bijou portes tu ?
Je ne portes que peu de bijoux, j’aime par dessus tout les bagues et les colliers, longs de préférence.

Et aujourd’hui que fais tu ?
Entre 1997 et 2003, je travaille à mi-temps et je présente mes bijoux dans des galeries et aussi sur des ventes de créateurs.En 2003, je m’associe avec Pierre Jouin. Dans la foulée, nait la galerie- atelier Wenge, où je vends mes créations et celles de Pierre ainsi que d’autres créateurs.
 – Peux tu nous parler des bijoux que tu créés ?
Je crée des bijoux qui me ressemblent : les bagues sont massives, les lignes sont sobres, je taille toutes les matières que j’insère : bois exotiques, galalithe ou pierres fines.
La taille des pierres reste un moment magique, les deux dernières pierres que j’ai taillées sont une tourmaline vert bleu et un péridot.
Sinon, je développe aussi depuis 5 une collection plus « extravagante »: des bijoux en argent et plumes, les derniers ont été présentés sur Inhorgenta 2012.Voilà, je me suis crée mon monde entre la galerie et l’atelier. Mes journées sont plus que remplies. Je proposes aussi des cours à l’atelier. Et j’ai régulièrement des stagiaires.
– Quels sont tes projets ?
Projets : plus de salons de vente directe. Une exposition au musée de la nacre en septembre, accueillir de jeunes créateurs à la galerie, mais c’est encore au niveau embryonnaire.
Sinon une petite anecdote : ma dernière cliente pour laquelle j’avais fabriqué une énorme bague en or gris et quartz fumé, m’a envoyé en remerciement un colis avec foie gras maison et bouteille de vin. La vie est belle.

CREATIONS PIERRE JOUIN AMIRA SLIMAN
GALERIE WENGE
9 rue ramey
75018 PARIS
tel/fax :0033(0)142523999
Du mardi au samedi de 12h00 à 20h00
http://www.galeriewenge.com

 


Comment en es-tu venue à faire des bijoux ?
Je viens du Mexique, de la ville de Oaxaca, terre de grande cultures, préhispanique, coloniale et en même temps contemporaine.
Deux personnes de ma famille étaient des orfèvres, l’atelier était une des pièces principales de la maison où j’ai grandi.
<< Le cahier de dessin et de créations de mon oncle, l’or qui fondait, les éclats des pierres précieuses, les outils qu’il fabriquait lui-même, les bijoux terminés >> tant d’images qui sont restées à toujours, gravées dans ma mémoire et qui sont encore aujourd’hui une de mes grandes passions et sources d’inspiration.
La bijouterie était un métier d’hommes à cette époque, je me suis donc vouée vers les beaux arts, avec la spécialité de restauration d’art. Je suis devenue Artiste Peintre, métier que j’exerce depuis plus de 25 ans.
Paris m’a offert une vaste gamme culturelle où le bijou joue un rôle prépondérant dans tous les musées de toutes les cultures. J’ai décidé de revenir à mes sources et combiner mon travail artistique avec la création de bijoux.

– Pourquoi l’Afedap ?
J’ai parcouru de nombreuses écoles, et c’est à travers une journée de portes ouvertes à L’Afedap, où j’ai trouvé mon bonheur. J’ai été marquée par l’énorme quantité de travaux des élèves, d’une beauté et création exceptionnelle. L’ambiance que l’on apercevait était vraiment accueillante. J’ai été reçue par des élèves très enthousiastes et fiers de me montrer leurs créations, ce qui m’a permis de corroborer la qualité et la discipline des professeurs, ce qui m’a définitivement convaincue.

– Qu’as tu découvert pendant ta formation ?
Une première année basique pour se familiariser avec l’outillage et les procédures et surtout le support des professeurs pour m’aider à trouver la meilleure technique adaptée à mes besoins.
Le deuxième année, fût vraiment très importante en ayant accès à d’autres matériaux.
Lors de la réalisation de divers sujets libres ou désignés, nous avons été menés par les professeurs, tous très impliqués et professionnels, qui nous ont orienté non seulement à la réalisation matérielle, mais à laisser notre empreinte personnelle sur chaque création.
Patricia Lemaire a sans doute beaucoup contribué à m’aider à découvrir mon univers, un univers ludique et figuratif, imprégné de ma culture mexicaine.

– Quel bijou portes tu ?
J’ai une prédilection spéciale pour les colliers, mais je porte aussi bagues et autres bijoux, je porte les bijoux que je fabrique, c’est une autre façon de m’exprimer. C’est aussi une porte ouverte à la sensibilité du spectateur.

– Et aujourd’hui que fais tu ?
Actuellement je combine mon travail de plasticien et créatrice, tout en continuant d’approfondir mes recherches pour la réalisation de mes pièces, je visite musées, salons, brocantes d’antiquités, mais aussi je dédie beaucoup de temps aux ateliers d’enfants.


– Comment en es-tu venue à faire des bijoux ?

J’ai toujours été très manuelle, perle, fimo, j’en ai des boites remplies mais je n’avais jamais envisager d’en faire mon métier, peut-être que j’avais peur de me lancer.
Lorsque j’étais en première année en école d’art, j’ai commencer à parler « bijoux » pour un de mes projets, mais on m’a fait comprendre que le bijou n’avait pas sa place dans une école d’art.
Le rapport au corps/bijoux m’a toujours fasciné, on exprime tellement de chose en le portant sans pourtant dire un mot. Je suis d’un tempérament très têtu, et je crois que ce refus a été déclencheur pour moi, c’est devenu évident: mon moyen d’expression serait le bijou.

-Pourquoi l’AFEDAP ?

En fin de première année, j’étais sûre de mon choix alors sachant que mon école d’art n’acceptait pas cette spécialisation, je n’ai pas souhaité continuer dans cet établissement. Ainsi, j’ai passé différents concours et j’ai découvert l’AFEDAP. J’ai d’abord passé l’entretien et puis quelques jours plus tard je suis venue aux portes ouvertes: l’enthousiasme des élèves et des profs, et la profusion des travaux m’a définitivement convaincu.

-Qu’as-tu appris lors de ta formation ?

A utiliser tous les outils, je me souviens de mon premier jours de cours ou j’étais tétanisée en voyant ma malette et ne sachant pas à quoi allait servir toutes ces limes.
Bien sûr la technique mais j’ai aussi appris à me faire confiance, et assumer pleinement mes choix,
le choix du diplôme créateur indépendant bijou contemporain a été crucial, j’ai appris à exprimer ma personnalité à travers  mes pièces.
Et puis l’AFEDAP c’est aussi des rencontres, des personnalités très différentes avec qui on partage énormément.

-Quel est le bijou que tu portes ?

Mes plugs* aux oreilles que j’ai depuis 7 ans, j’ai parfois l’impression d’être née avec.
Et puis ce pendentif grelot que j’ai acheté aux puces en arrivant à Paris, j’aime le bruit qu’il fait quand je bouge.
Je n’ose pas encore porter ce que je fais.

-Et aujourd’hui tu es en Suisse….

Oui, je profite du bon chocolat…..
Je suis en seconde année à la Haute Ecole d’Art et Design de Genève, en section bijoux et accessoires. Cette formation vient complèter mes deux ans à l’AFEDAP, elle est plus orientée design.

-Après Paris, Genève, une idée ?

Je ne sais pas encore différents projets se dessinent, mais j’ai toujours comme objectif de « Simoniser »**  le monde, donc il faudra beaucoup voyager.

*boucles d’oreilles avec un large diamètre
** « Simoniser », expression en  référence à mon diplôme où chaque femme est une Simone en puissance: De Beauvoir, Signoret, Vieil.

"Simone" Clémentine Despocq tous droits réservés

collier "Elisabeth" Clémentine Despocq, tous droits réservés


Comment tu es arrivé au bijou ? Pourquoi ?

Depuis adolescente, j’assemblais des bijoux en perle. J’aimais beaucoup les travaux manuels, bijoux, tricots, couture, broderie, j’aimais donner corps aux matériaux. Mais dans ma famille, le travail intellectuel prédominait sur le travail manuel. Ainsi, même si l’envie de transformer ce loisir en métier était présent depuis fort longtemps, il m’a fallu un peu de temps, de recul (et d’économies J) avant de sauter le pas. Les bijoux sont pour moi un moyen d’expression et une mémoire portable. Le bijoutier qui les dessine et leur donne vie offre « sa vision du monde » à travers ces sculptures portables. Le porteur, lui, porte sur son corps, un souvenir d’un instant, d’une période, d’un choix, correspondant au moment où il a acquis et porté le bijou pour la première fois.

 Quel a été ton parcours avant d’arriver à l’AFEDAP, pourquoi avoir choisi cette école ?

J’ai suivi une formation d’ingénieur et puis j’ai travaillé quatre ans et demi dans un cabinet de conseil renommé. J’assistais les directions financières dans leur processus comptables et financiers. Ce travail bien que très intéressant en soi et très « challengeant » ne m’épanouissait pas vraiment. J’avais envie de faire fonctionner et la tête et les mains ! Une main et un cerveau c’était le slogan que j’avais lu sur la plaquette de l’AFEDAP… La décision de quitter mon travail ne s’est pas faite en un jour, la réflexion a duré deux ans, visites des portes ouvertes des écoles de bijouterie, rencontre avec un bijoutier, découverte de galerie. Je ne savais pas encore dans quoi exactement je m’engageais mais j’avais ressenti qu’à l’AFEDAP je pourrais à la fois apprendre techniques et processus de création. J’avais été impressionnée lors des portes ouvertes par les diversités de propositions des élèves partant des mêmes consignes d’exercices. Cet équilibre entre apprentissage rigoureux des techniques et accompagnement de l’élève dans ses propres recherches m’a beaucoup plu.

Qu’as-tu découvert lors de ta formation ?

Les soudures ! Ca c’est pour la technique, mais en réalité de façon plus profonde, j’ai découvert le bijou contemporain et entrevue ce qu’était la création. J’ai repoussé certaines limites. Je citerai par exemple un cours/débat que nous avons eu en deuxième année avec Patricia Lemaire, en charge de la section créa. La question était « qu’est-ce qu’une bague ». Au début du cours, je nageais tranquillement dans une piscine, avec ma définition bien claire de ce qu’était une bague, à la fin j’étais au milieu de l’océan loin de tous continents ! Nous avions ensemble, stagiaires et professeurs, ouverts des horizons nouveaux.

Quel est le bijou que tu portes (cf. Questions de Galatée J) ?

Je porte depuis une dizaine d’années, deux bracelets d’Algérie hérités de ma mère qui en avait 7, ensemble ils formaient un « semainier », et je porte rarement autre chose. C’est peut être un comble pour un bijoutier, on me demande souvent pourquoi, mais je porte très peu de bijoux.

 Que fais-tu aujourd’hui ?

Il y a plusieurs années alors que je travaillais encore dans le conseil, j’avais décidé de faire des bijoux une profession mais aussi d’émigrer en Israël. Afin de m’aider dans ma transition et de connaître un peu l’environnement « bijou » en Israël, j’ai étudié pendant un an, après l’AFEDAP, dans le département bijoux et mode de Bezalel, l’académie d’art et design de Jérusalem. Aujourd’hui, j’habite toujours à Jérusalem, je réalise mes propres pièces et je recherche un poste chez un bijoutier.

Lien vers le site de Bezalel –en anglais-, Académie d’art et de design de Jerusalem.

http://www.bezalel.ac.il/en/

Liberté, 2010 Pendentif Maillechort, cuivre - Judith Sitbon tous droits réservés