Pour faire suite aux notions de “cycle – recyclage” abordées cette année par Patricia Lemaire avec ses étudiantes que vous avez déjà découvert dans “une vision plastique du bijou”, nous les retrouvons  ici penchées sur l’ “obsolescence programmée”.

Comment, aujourd’hui, réfléchir sur le bijou quand tout autour de nous devient consommé consumé jeté remplacé.

Li-Jung, Marion, Roxane, Isabelle et Ana Carolina ont chacune apporté deux réponses : une légère et une plus profonde.

Elles nous font passer , à travers leurs créations, par toutes sortes d’émotions : on y trouve de la fragilité, de la poésie, de la légèreté, du souvenir, de la mémoire, de l’éphémère

Je vous laisse ici  feuilleter leurs  “désuétude planifiée” qui j’en suis sûr regarde vers l’avenir

Nathalie SOKIERKA suit sur ce propos les étudiants de la section Bijoutier Métier d’Art et Designer bijouterie joaillerie.

Ils se retrouvaient réunis autour d’un projet design : réaliser en 3 séances, par équipe de deux, un collier spectaculaire semi-rigide avec parmi les matériaux utilisés , un imposé : le tévar™ puis réaliser  3 vues échelle 1 du collier une fois réalisé.

Les équipes , chacune composée de stagiaires représentant les deux sections sont :

Chien Hui LIN & Larisa SOMPAIRAC, Marthe CRESSON & Gaëlle LEFFONDRE , Marguerite SITTHY & Corinne HALLIEZ, Manuela BRIGANTE & Mélodie FOURNIER, Miyuki KOSHIMIZU & Cyril COINCECaroline RIVOIRE  & Marie DUMAS

Nos équipes se lancent à fond dans le projet : on coupe, maquette, tord, plie, colle, assemble, mélange, peint, dessine ….

Bouillonnement, effervescence, réflexion, mis en oeuvre,  3 séances  plus tard voici les résultats  : SPECTACULAIRE !

Ou plus exactement from Afedap to Kyoto !

Cela commence par plusieurs rencontres, plusieurs fils qui se rejoignent et se lient :

Pour l’AFEDAP avec Sophie Robbe, (Afedapienne de 2005 à 2008) qui rencontre en 2005 Yuji Kojima et Mayuli Morishita les deux créateurs de la marque Géodésique  sur le salon Kara.

Une vraie rencontre puisque Sophie ira l’été 2006 à Tokyo faire son stage de fin d’année chez eux.

La deuxième rencontre pour Géodésique c’est avec la galeriste Parisienne Elsa Vanier qui sera la première à les exposer  à Paris dans sa galerie. Et maintenant pour la deuxième fois  elle expose également les  étudiant de Yuji.

Car Yuji Kokima enseigne et transmet son savoir faire  à l’université Art et Design de Kyoto

Cette année il est donc venu avec 10 de ses étudiants qui forment le groupe ULYU 2011Shizuka Azuma, Fumie Hasegawa, Kei Morishita, Asami Nakamura, Eiichiro Okada, Mariko Sakai, Sachiyo Takeuchi,Nozomi Nishimura, Yumako Inazumi and Michio Nishi

Ainsi, grâce aux fils tissés par Sophie Robbe et Elsa Vanier avec le Japon, nous avons eu la chance à l’AFEDAP de recevoir Géodésique et Ulyu.

Ce fut un joli moment de partage, de rire, d’écoute, de découverte, de soupe miso, d’onigiri, de crêpes, tartes et bien sûr de BIJOUX

Comment en es-tu venue à faire des bijoux ?
Je viens du Mexique, de la ville de Oaxaca, terre de grande cultures, préhispanique, coloniale et en même temps contemporaine.
Deux personnes de ma famille étaient des orfèvres, l’atelier était une des pièces principales de la maison où j’ai grandi.
<< Le cahier de dessin et de créations de mon oncle, l’or qui fondait, les éclats des pierres précieuses, les outils qu’il fabriquait lui-même, les bijoux terminés >> tant d’images qui sont restées à toujours, gravées dans ma mémoire et qui sont encore aujourd’hui une de mes grandes passions et sources d’inspiration.
La bijouterie était un métier d’hommes à cette époque, je me suis donc vouée vers les beaux arts, avec la spécialité de restauration d’art. Je suis devenue Artiste Peintre, métier que j’exerce depuis plus de 25 ans.
Paris m’a offert une vaste gamme culturelle où le bijou joue un rôle prépondérant dans tous les musées de toutes les cultures. J’ai décidé de revenir à mes sources et combiner mon travail artistique avec la création de bijoux.

– Pourquoi l’Afedap ?
J’ai parcouru de nombreuses écoles, et c’est à travers une journée de portes ouvertes à L’Afedap, où j’ai trouvé mon bonheur. J’ai été marquée par l’énorme quantité de travaux des élèves, d’une beauté et création exceptionnelle. L’ambiance que l’on apercevait était vraiment accueillante. J’ai été reçue par des élèves très enthousiastes et fiers de me montrer leurs créations, ce qui m’a permis de corroborer la qualité et la discipline des professeurs, ce qui m’a définitivement convaincue.

- Qu’as tu découvert pendant ta formation ?
Une première année basique pour se familiariser avec l’outillage et les procédures et surtout le support des professeurs pour m’aider à trouver la meilleure technique adaptée à mes besoins.
Le deuxième année, fût vraiment très importante en ayant accès à d’autres matériaux.
Lors de la réalisation de divers sujets libres ou désignés, nous avons été menés par les professeurs, tous très impliqués et professionnels, qui nous ont orienté non seulement à la réalisation matérielle, mais à laisser notre empreinte personnelle sur chaque création.
Patricia Lemaire a sans doute beaucoup contribué à m’aider à découvrir mon univers, un univers ludique et figuratif, imprégné de ma culture mexicaine.

- Quel bijou portes tu ?
J’ai une prédilection spéciale pour les colliers, mais je porte aussi bagues et autres bijoux, je porte les bijoux que je fabrique, c’est une autre façon de m’exprimer. C’est aussi une porte ouverte à la sensibilité du spectateur.

- Et aujourd’hui que fais tu ?
Actuellement je combine mon travail de plasticien et créatrice, tout en continuant d’approfondir mes recherches pour la réalisation de mes pièces, je visite musées, salons, brocantes d’antiquités, mais aussi je dédie beaucoup de temps aux ateliers d’enfants.

Vous découvrez ici le 1er sujet  de cette année abordé par les étudiantes de Patricia Lemaire, responsable de la section Bijou Contemporain à l’AFEDAP

Patricia a donné 4 semaines à Li-Jung, Roxane, Marion, Isabelle et Ana Carolina pour réfléchir sur la notion de cycle et de recyclage.

Plus de 7 milliards de bouteilles et flacons plastiques sont vendus chaque année en France.  C’est le matériau ici imposé comme une évidence par Patricia à ses étudiantes.

A elles d’expérimenter contraintes et déformations jusqu’à, pourquoi pas, la déformation irréversible : la pièce d’origine perd sa première utilisation, devient « autre », devient bijou.

merci à Patricia Lemaire, enseignante et ses 5 étudiantes Li-Jung Huang, Marion Lautier, Roxane Amirouche, Isabelle Le Puil et Ana Carolina Escobar Saavedra

- Comment en es-tu venue à faire des bijoux ?

J’ai toujours été très manuelle, perle, fimo, j’en ai des boites remplies mais je n’avais jamais envisager d’en faire mon métier, peut-être que j’avais peur de me lancer.
Lorsque j’étais en première année en école d’art, j’ai commencer à parler « bijoux » pour un de mes projets, mais on m’a fait comprendre que le bijou n’avait pas sa place dans une école d’art.
Le rapport au corps/bijoux m’a toujours fasciné, on exprime tellement de chose en le portant sans pourtant dire un mot. Je suis d’un tempérament très têtu, et je crois que ce refus a été déclencheur pour moi, c’est devenu évident: mon moyen d’expression serait le bijou.

-Pourquoi l’AFEDAP ?

En fin de première année, j’étais sûre de mon choix alors sachant que mon école d’art n’acceptait pas cette spécialisation, je n’ai pas souhaité continuer dans cet établissement. Ainsi, j’ai passé différents concours et j’ai découvert l’AFEDAP. J’ai d’abord passé l’entretien et puis quelques jours plus tard je suis venue aux portes ouvertes: l’enthousiasme des élèves et des profs, et la profusion des travaux m’a définitivement convaincu.

-Qu’as-tu appris lors de ta formation ?

A utiliser tous les outils, je me souviens de mon premier jours de cours ou j’étais tétanisée en voyant ma malette et ne sachant pas à quoi allait servir toutes ces limes.
Bien sûr la technique mais j’ai aussi appris à me faire confiance, et assumer pleinement mes choix,
le choix du diplôme créateur indépendant bijou contemporain a été crucial, j’ai appris à exprimer ma personnalité à travers  mes pièces.
Et puis l’AFEDAP c’est aussi des rencontres, des personnalités très différentes avec qui on partage énormément.

-Quel est le bijou que tu portes ?

Mes plugs* aux oreilles que j’ai depuis 7 ans, j’ai parfois l’impression d’être née avec.
Et puis ce pendentif grelot que j’ai acheté aux puces en arrivant à Paris, j’aime le bruit qu’il fait quand je bouge.
Je n’ose pas encore porter ce que je fais.

-Et aujourd’hui tu es en Suisse….

Oui, je profite du bon chocolat…..
Je suis en seconde année à la Haute Ecole d’Art et Design de Genève, en section bijoux et accessoires. Cette formation vient complèter mes deux ans à l’AFEDAP, elle est plus orientée design.

-Après Paris, Genève, une idée ?

Je ne sais pas encore différents projets se dessinent, mais j’ai toujours comme objectif de « Simoniser »**  le monde, donc il faudra beaucoup voyager.

*boucles d’oreilles avec un large diamètre
** « Simoniser », expression en  référence à mon diplôme où chaque femme est une Simone en puissance: De Beauvoir, Signoret, Vieil.

"Simone" Clémentine Despocq tous droits réservés

collier "Elisabeth" Clémentine Despocq, tous droits réservés

Comment tu es arrivé au bijou ? Pourquoi ?

Depuis adolescente, j’assemblais des bijoux en perle. J’aimais beaucoup les travaux manuels, bijoux, tricots, couture, broderie, j’aimais donner corps aux matériaux. Mais dans ma famille, le travail intellectuel prédominait sur le travail manuel. Ainsi, même si l’envie de transformer ce loisir en métier était présent depuis fort longtemps, il m’a fallu un peu de temps, de recul (et d’économies J) avant de sauter le pas. Les bijoux sont pour moi un moyen d’expression et une mémoire portable. Le bijoutier qui les dessine et leur donne vie offre « sa vision du monde » à travers ces sculptures portables. Le porteur, lui, porte sur son corps, un souvenir d’un instant, d’une période, d’un choix, correspondant au moment où il a acquis et porté le bijou pour la première fois.

 Quel a été ton parcours avant d’arriver à l’AFEDAP, pourquoi avoir choisi cette école ?

J’ai suivi une formation d’ingénieur et puis j’ai travaillé quatre ans et demi dans un cabinet de conseil renommé. J’assistais les directions financières dans leur processus comptables et financiers. Ce travail bien que très intéressant en soi et très « challengeant » ne m’épanouissait pas vraiment. J’avais envie de faire fonctionner et la tête et les mains ! Une main et un cerveau c’était le slogan que j’avais lu sur la plaquette de l’AFEDAP… La décision de quitter mon travail ne s’est pas faite en un jour, la réflexion a duré deux ans, visites des portes ouvertes des écoles de bijouterie, rencontre avec un bijoutier, découverte de galerie. Je ne savais pas encore dans quoi exactement je m’engageais mais j’avais ressenti qu’à l’AFEDAP je pourrais à la fois apprendre techniques et processus de création. J’avais été impressionnée lors des portes ouvertes par les diversités de propositions des élèves partant des mêmes consignes d’exercices. Cet équilibre entre apprentissage rigoureux des techniques et accompagnement de l’élève dans ses propres recherches m’a beaucoup plu.

Qu’as-tu découvert lors de ta formation ?

Les soudures ! Ca c’est pour la technique, mais en réalité de façon plus profonde, j’ai découvert le bijou contemporain et entrevue ce qu’était la création. J’ai repoussé certaines limites. Je citerai par exemple un cours/débat que nous avons eu en deuxième année avec Patricia Lemaire, en charge de la section créa. La question était « qu’est-ce qu’une bague ». Au début du cours, je nageais tranquillement dans une piscine, avec ma définition bien claire de ce qu’était une bague, à la fin j’étais au milieu de l’océan loin de tous continents ! Nous avions ensemble, stagiaires et professeurs, ouverts des horizons nouveaux.

Quel est le bijou que tu portes (cf. Questions de Galatée J) ?

Je porte depuis une dizaine d’années, deux bracelets d’Algérie hérités de ma mère qui en avait 7, ensemble ils formaient un « semainier », et je porte rarement autre chose. C’est peut être un comble pour un bijoutier, on me demande souvent pourquoi, mais je porte très peu de bijoux.

 Que fais-tu aujourd’hui ?

Il y a plusieurs années alors que je travaillais encore dans le conseil, j’avais décidé de faire des bijoux une profession mais aussi d’émigrer en Israël. Afin de m’aider dans ma transition et de connaître un peu l’environnement « bijou » en Israël, j’ai étudié pendant un an, après l’AFEDAP, dans le département bijoux et mode de Bezalel, l’académie d’art et design de Jérusalem. Aujourd’hui, j’habite toujours à Jérusalem, je réalise mes propres pièces et je recherche un poste chez un bijoutier.

Lien vers le site de Bezalel –en anglais-, Académie d’art et de design de Jerusalem.

http://www.bezalel.ac.il/en/

Liberté, 2010 Pendentif Maillechort, cuivre - Judith Sitbon tous droits réservés

Trois talentueuses diplômées de l’AFEDAP ont fondé le GLA

Le GLA c’est quoi ?

Le GLA c’est un collectif de bijoutières plasticiennes

Galatée Pestre Laurence Verdier Aude Medori

Le GLA  milite pour un bijou contemporain et conceptuel avec des réponses classiques

ou pas !

Elles explorent le sens, le sensuel, le questionnement, et surtout elles nous déroutent de notre quotidien

Pour notre plus grand bonheur elles nous offrent leur troisième exposition, après “Identités”, le “GLA bijoute DADA” voici “JEWELRY FROM WORDS” soit à “FLEUR DE MOTS”  d’abord à Amsterdam puis à Paris

L’exposition sera visible:
du 3 au 27 novembre à OBA Bibliothèque Nationale, Amsterdam
du 2 au 15 décembre à la Galerie Objet Rare à Paris.

http://lesbijouxdugla.blogspot.com/

Bracelets bulle de Galatée Pestre - Bagues cadavre exquis de Laurence Verdier - Bague menu d'Aude Medori

AFEDAP Hors série photo François Kraemer - Elèves & Profs un mélange riant !

En partant de la gauche : Bénédicte Ménil, Caroline Poincignon, Sylvia Burgoa, Emmanuel Lacoste, Félicie Colin, Franck Massé, Clémentine Despocq, Mathilde Garcia, Patricia Bonose, Rachik Soussi, Caroline Volcovici, Eric De Gésincourt

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.